Linker Nutrients
Poulets de chair dans un bâtiment ouvert au soleil couchant, rizières en arrière-plan

Stress thermique en volaille et en porc : les leviers par l’aliment et par l’eau

Ce qui change dans l’animal, les leviers voie par voie, puis leur calendrier : avant, pendant et après la vague de chaleur.

En bref

Le stress thermique est l’état d’un animal d’élevage qui ne parvient plus à évacuer sa chaleur : la température et l’humidité du bâtiment dépassent ce que sa respiration peut compenser. Volailles et porcs, qui ne transpirent pas ou presque, mangent moins, boivent davantage et dépensent leur énergie à se refroidir plutôt qu’à produire. Il se conduit d’abord par le bâtiment, puis par l’aliment et par l’eau de boisson.

Espèces
Volailles et porcs, qui transpirent peu ou pas ; vaches laitières
Signes
Halètement, ailes écartées, animaux couchés à l’écart, ingéré en baisse, abreuvement en hausse
Période
Saison chaude, canicules et vagues de chaleur ; toute l’année sous climat tropical
Ce qui aggrave
L’humidité de l’air, la densité, le poids des animaux, les nuits chaudes
Premier levier
La conduite : ventilation, eau fraîche, horaires de distribution
Poules pondeuses dans un bâtiment ouvert, œufs sur le tapis de collecte

Le problème

Ce qui change dans l’animal quand la chaleur monte

Volailles et porcs évacuent leur chaleur surtout par la respiration : la volaille ne transpire pas, le porc presque pas. Quand l’air est chaud et humide, cette voie sature. L’animal halète, s’écarte des autres, cherche les parois et les sols frais.

Il mange moins, parce que digérer produit de la chaleur. La baisse d’ingéré creuse les apports en énergie, en acides aminés, en minéraux et en vitamines au moment où les besoins montent. Il boit davantage : l’eau devient la voie d’apport qui tient encore.

Le halètement a un coût. En rejetant plus de gaz carbonique, l’animal déplace l’équilibre acide-base de son sang, et les teneurs du sang en sodium et en potassium baissent. Le tube digestif en souffre aussi : ce qui est encore mangé est moins bien digéré.

Il n’y a pas de seuil unique. Le même thermomètre ne dit pas la même chose selon l’humidité de l’air, qui freine l’évaporation, et selon l’âge et le poids des animaux : un poulet lourd en fin de bande ou une truie en lactation souffrent bien avant un jeune animal. Les indices qui combinent température et humidité donnent un repère ; le comportement des animaux reste le meilleur signal, surtout quand les nuits ne rafraîchissent plus le bâtiment.

Un animal prostré, qui ne boit plus ou ne se relève pas, est une urgence : elle relève de la conduite immédiate et du vétérinaire, pas d’un additif.

Par espèce

Stress thermique du poulet, de la pondeuse, du porc et de la truie : ce que la chaleur change

Les signes se ressemblent, les enjeux non.

AnimalCe qu’on voitCe qui se joueÀ régler en premier
Poulet de chairHalètement, ailes écartées, animaux serrés le long des parois, litière qui se mouilleLa croissance des dernières semaines : plus l’animal est lourd, plus il produit de chaleur et moins il l’évacueVitesse d’air au niveau des animaux, densité en fin de bande, aliment retiré aux heures chaudes
Pondeuse et reproductriceIngéré et ponte en baisse, œufs plus petits, coquilles plus finesLa coquille : en haletant, la poule rejette le gaz carbonique dont se fait le carbonate de la coquilleVentilation, eau fraîche, distribution tôt le matin et en soirée
Porc en engraissementRespiration rapide, porcs couchés à l’écart sur le sol mouillé, repas plus courtsL’ingéré, donc la croissance et les jours jusqu’à l’abattage ; les plus lourds décrochent les premiersDébit des abreuvoirs, ventilation, brumisation, repas aux heures fraîches
TruieTruie qui halète, mange moins et se lève peuEn maternité, le lait : la truie veut du frais quand ses porcelets veulent du chaud. En gestation, les périodes autour de la saillie et de la mise bas sont les plus sensiblesRefroidir la truie sans refroidir le nid, eau à volonté, repas fractionnés
PorceletSous la mère, il reste près du nid ; sevré, il boit davantageIl craint d’abord le froid : par forte chaleur, c’est l’accès à l’eau qui comptePoints d’eau et débits, chauffage seulement là où il sert

Ce que la chaleur coûte

Rien de spectaculaire le premier jour : des pertes qui s’additionnent, bande après bande.

  • L’ingéré qui baisse

    Moins d’aliment consommé, donc moins de croissance, de lait ou de ponte : c’est la première perte, et la plus régulière.

  • L’indice qui se dégrade

    L’énergie dépensée à se refroidir ne va pas à la production, et l’aliment mangé est moins bien digéré.

  • La qualité qui décroche

    Coquilles plus fragiles en ponte, lots moins homogènes en chair, porcs plus lents à finir.

  • Les jours perdus

    Une bande qui sort plus tard ou plus légère décale le planning de l’élevage et celui de l’abattoir.

  • Les animaux perdus

    Lors des vagues les plus dures, chez les animaux les plus lourds : c’est le bâtiment et l’eau qui en décident, pas un additif.

Aucun chiffre ici : la perte dépend de l’espèce, du bâtiment et de la durée de l’épisode. Elle se mesure sur vos résultats, bande par bande.

Conduire le stress thermique : le bâtiment d’abord, puis l’aliment et l’eau

La conduite passe avant tout additif. L’aliment et l’eau complètent ce que le bâtiment ne règle pas.

Sans produit

La conduite, d’abord

La conduite d’été commence par le bâtiment : aucun produit ne rattrape une ventilation insuffisante.

  • Ventilation et refroidissement

    Vitesse d’air au niveau des animaux, entrées d’air dégagées, ventilateurs et alarmes vérifiés avant la saison. Le refroidissement par évaporation aide tant que l’air n’est pas déjà saturé d’humidité.

  • Une eau fraîche, à volonté

    Débit vérifié à chaque ligne, abreuvoirs en nombre suffisant, canalisations purgées aux heures chaudes pour renouveler l’eau tiède. La qualité de l’eau compte davantage quand il s’en boit plus.

  • Décaler les repas

    Distribuer tôt le matin et le soir, retirer l’aliment avant les heures les plus chaudes en volaille : l’animal digère quand il fait frais.

  • Alléger, ne pas déranger

    Baisser la densité quand c’est possible, avancer un départ, et ne manipuler, vacciner ni transporter aux heures chaudes.

Feed Solutions

Par l’aliment

  • L’équilibre en eau de la cellule

    La bétaïne est un osmolyte : elle s’accumule dans la cellule et y maintient l’équilibre en eau, sans gêner le travail des enzymes. Elle se met dans la formule d’été, en continu, pas le jour de la vague.

  • Un aliment qui se mange encore

    Quand l’appétit baisse, chaque repas compte : un profil aromatique constant aide l’animal à reconnaître son aliment, d’une formule à l’autre.

  • Une ration plus dense, moins chaude à digérer

    Moins d’ingéré, mêmes besoins : on concentre la ration, on donne plus de place aux matières grasses, on évite l’excès de protéines en ajustant les acides aminés. Un réglage de formule, sans produit.

  • Le bilan électrolytique de la formule

    Sodium, potassium et chlorure se raisonnent ensemble : leur équilibre dans l’aliment compte davantage quand l’animal halète. À revoir avec le formulateur avant la saison.

Farm Solutions

Par l’eau de boisson

L’eau se boit quand l’aliment ne se mange plus : c’est la voie qui reste ouverte, et celle que l’on arrête quand la vague est passée.

  • Électrolytes et vitamines, autour de l’épisode

    L’animal boit encore quand il mange moins : vitamines, acides aminés et électrolytes passent par l’eau, de la veille de la vague aux jours qui suivent.

  • Une eau au bon pH

    Quand la consommation d’eau grimpe, son pH et son alcalinité comptent davantage : l’acidification se règle sur l’eau de la ferme et se contrôle en bout de ligne.

  • Le confort respiratoire

    Des substances aromatiques dans l’eau, sous une forme qui y reste dispersée, à démarrer la veille d’une vague de chaleur annoncée, pour quelques jours.

  • Les minéraux, en volaille

    Phosphore et calcium dans un rapport défini, par l’eau, quand la demande minérale dépasse ce que l’aliment fournit encore.

Poussins sous une ligne d’eau équipée d’un doseur
Quand il fait chaud, l’animal boit plus qu’il ne mange : l’eau devient la voie d’apport.

Le calendrier

Avant, pendant, après la vague de chaleur

Ce qui compte se met en place avant. Le jour de la vague, il reste l’eau et le bâtiment.

MomentDans le bâtimentPar l’alimentPar l’eau de boisson
Avant la saisonVentilateurs, entrées d’air, brumisation, alarmes et groupe électrogène vérifiés ; lignes d’eau nettoyées, débits mesurés, eau analyséeFormule d’été arrêtée avec le formulateur : densité, acides aminés, bilan électrolytique, bétaïne, arôme constantPompe doseuse étalonnée ; pH et alcalinité connus, acidification réglée sur l’eau de la ferme
La veille d’une vague annoncéeDensité allégée si possible, départs avancés, horaires de distribution décalésRien ne se change la veille : l’aliment d’été est déjà dans le siloLinkastim et Linkaresp démarrent ; solution mère préparée le jour même
Pendant la vagueVentilation au maximum, eau purgée et fraîche, aliment distribué aux heures fraîches, aucune manipulationL’aliment se mange la nuit et tôt le matin : il doit être frais et appétentLes apports continuent ; la consommation d’eau se suit au compteur, c’est elle qui fixe la quantité à mettre dans le bac
Après la vagueRetour progressif aux horaires habituels ; litière et bâtiment remis en étatL’ingéré remonte en quelques jours ; la formule d’été reste tant que la saison dureLes apports se prolongent quelques jours, puis s’arrêtent ; en volaille, des minéraux par l’eau (Linkaphos) tant que la demande reste forte

Jamais dans la même eau qu’un vaccin vivant, et jamais deux produits ensemble sans avoir vérifié leur compatibilité. Les doses et les durées sont sur la fiche de chaque plateforme, ou se demandent.

Ruminants

Stress thermique de la vache laitière : que change la chaleur dans la ration ?

La vache laitière souffre de la chaleur plus tôt que la volaille ou le porc : la fermentation du rumen et la production de lait dégagent beaucoup de chaleur. Elle mange moins, rumine moins, reste debout, respire vite ; le lait baisse, et sa composition avec lui.

La conduite passe d’abord, là aussi : ombre, ventilation et aspersion, eau propre à volonté et en plusieurs points, ration distribuée aux heures fraîches. Dans la ration, on concentre l’énergie sans sacrifier la fibre qui fait ruminer, et l’on surveille les minéraux perdus avec la sueur et la salive.

La bétaïne y est étudiée comme donneur de méthyle et comme osmolyte, avec une réserve propre au ruminant : non protégée, elle est en partie dégradée dans le rumen. Linkataine s’emploie dans l’aliment des bovins, et sa dose se raisonne sur la ration totale.

Les plateformes Linker concernées

Deux par l’aliment, quatre par l’eau. Chacune a sa fiche : forme, grades, emploi.

PlateformeQuand
linkataineBétaïne · alimentToute la saison chaude
linkastyArômes · alimentToute la saison chaude
linkastimVitamines, acides aminés et électrolytes · eau de boissonDe la veille de la vague aux jours qui suivent
linkacid Prime LAcidifiant de l’eau · eau de boissonEn continu, animaux présents
linkarespSubstances aromatiques · eau de boissonEssai sur le produitEssai terrain, été 2020, sur plus de 120 000 poulets de chair : +2,3 % de poids à l’abattage.
Conditions6 bâtiments, 3 témoins et 3 avec Linkaresp dans l’eau de boisson ; trois séries d’apports à partir de 21 jours ; abattage à 42 jours.
Le détail sur sa fiche
Dès la veille d’une vague de chaleur, pour quelques jours
linkaphosPhosphore et calcium · eau de boissonEn volaille, quand la demande minérale dépasse ce que l’aliment fournit

La dose se lit sur la fiche de chaque plateforme quand elle est publiée ; sinon elle se demande, avec l’espèce, le stade et l’objectif.

Preuves

Ce que la recherche a mesuré

Les résultats mesurés se lisent sur la fiche de chaque plateforme, quand ils sont publiés, avec leurs conditions. Les références des publications citées figurent dans les sources ; le détail se remet sur demande.

Sources

  1. Physiological responses of broiler chickens to heat stress and dietary electrolyte balance (sodium plus potassium minus chloride, milliequivalents per kilogram) (site externe)Poultry Science · Borges et al., 2004, vol. 83 (9), p. 1551-1558 · consulté le
  2. Osmoregulatory function of betaine in alleviating heat stress in poultry (site externe)Journal of Animal Physiology and Animal Nutrition · Ratriyanto et Mosenthin, 2018, vol. 102 (6), p. 1634-1650 · consulté le
  3. Effects of emulsifier, betaine, and L-carnitine on growth performance, immune response, gut morphology, and nutrient digestibility in broiler chickens exposed to cyclic heat stress (site externe)British Poultry Science · Yousefi et al., 2023, vol. 64 (3), p. 384-397 · consulté le

Sources vérifiées le .

Questions fréquentes

À partir de quelle température parle-t-on de stress thermique ?

Il n’y a pas de seuil unique : il dépend de l’espèce, de l’âge, du poids et surtout de l’humidité de l’air, qui limite l’évaporation. C’est pourquoi l’on raisonne avec un indice qui combine température et humidité, et avec les repères du guide d’élevage de la souche. Le signal de terrain reste le comportement : halètement, ailes écartées, animaux couchés le long des parois.

Quels sont les signes, ou symptômes, du stress thermique chez la volaille et chez le porc ?

Chez la volaille : bec ouvert et halètement, ailes écartées, animaux serrés près des entrées d’air, aliment délaissé, puis ponte et coquille en baisse. Chez le porc : respiration rapide, animaux couchés à l’écart sur les zones humides, repas plus courts. Dans les deux cas, l’eau bue augmente.

Canicule, coup de chaleur chez la poule ou le poulet : que faire ?

D’abord l’air et l’eau : ventilation au maximum, eau fraîche et purgée, aucun dérangement, aliment retiré aux heures les plus chaudes. Des animaux prostrés sont une urgence, à voir avec le vétérinaire. Le reste se joue avant : un bâtiment vérifié, une formule d’été et un programme pour l’eau prêts avant la vague.

Électrolytes et vitamine C par temps chaud : quand les donner ?

Par l’eau de boisson, de la veille d’une vague annoncée aux jours qui suivent. Les électrolytes, sodium, potassium et chlorure en tête, tiennent l’équilibre de l’eau et l’équilibre acide-base, que le halètement déplace. La vitamine C, que la volaille produit elle-même, fait partie des vitamines le plus souvent apportées par forte chaleur. Ces apports courts passent par l’eau de boisson.

La bétaïne a-t-elle un intérêt quand il fait chaud ?

La bétaïne est un osmolyte : elle s’accumule dans la cellule et y maintient l’équilibre en eau, que la chaleur sollicite. Elle a sa place dans la formule d’été, en continu, pas le jour de la vague ; elle ne compense ni une ventilation insuffisante ni un manque d’eau. C’est le rôle de Linkataine dans l’aliment.

Un additif peut-il remplacer la ventilation ?

Non. La conduite du bâtiment passe avant tout : ventilation, eau fraîche, horaires. L’aliment et l’eau complètent ce que le bâtiment ne règle pas.

Préparer la saison chaude

En élevage

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À l’usine d’aliment

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