
Appétence de l’aliment : quand les animaux laissent la formule dans l’auge
Pourquoi une formule juste sur le papier est moins mangée, ce que cela coûte, et les leviers : la conduite d’abord, puis l’aliment.
En bref
L’appétence de l’aliment, ou appétence alimentaire, est l’attrait qu’il exerce sur l’animal : ce qui le fait s’approcher de l’auge, goûter, puis continuer à manger. Elle se juge à l’ingéré, pas à la formule. Un aliment équilibré sur le papier est moins mangé s’il a changé d’odeur, de goût ou de présentation, ou si l’animal a une raison de manger moins. Elle se règle d’abord par la conduite, puis par l’aliment.
- Espèces
- Porcelets et porcs d’abord ; aussi volailles, veaux et bovins
- Ce qui la fait baisser
- Amertume, coproduits, changement de matière première, transition d’aliment, sevrage, chaleur
- Ce qu’on voit
- Des restes dans l’auge, des repas plus courts, une croissance qui ralentit, un lot qui s’étire
- Premier levier
- La conduite : un aliment frais et bien présenté, des transitions progressives, de l’eau à volonté
- Par l’aliment
- Un arôme pour l’odeur, un édulcorant pour le goût sucré

Le problème
Pourquoi l’ingéré baisse quand la formule est juste
Le formulateur calcule des nutriments. L’animal, lui, juge avec son nez et sa bouche : l’odeur décide s’il s’approche de l’auge, le goût s’il continue de manger. Une formule juste sur le papier ne nourrit que ce qui est mangé.
Quand l’ingéré baisse sans que la formule ait changé sur le papier, deux familles de causes se présentent. Soit l’aliment a changé : son odeur, son goût, sa présentation, sa fraîcheur. Soit l’animal a une raison de manger moins : le sevrage, une transition d’aliment, la chaleur.
Dans les deux cas, l’animal le remarque avant le formulateur. Un nouveau lot de tourteau, un acidifiant dosé plus haut, une graisse qui vieillit dans sa cuve : chacun change quelque chose qu’il perçoit, et l’auge le montre avant les courbes de croissance.
Un animal malade mange moins, lui aussi. Quand la baisse d’ingéré s’accompagne d’autres signes, l’avis du vétérinaire passe avant toute question d’appétence.
Les causes
Amertume, coproduits, transitions, sevrage, chaleur : cause par cause
Six raisons pour lesquelles un aliment est moins mangé, et ce que l’on regarde d’abord pour chacune.
| Cause | Ce qui se passe | Ce que l’on regarde d’abord |
|---|---|---|
| Amertume | Oxydes minéraux, acidifiant dosé haut, certaines matières premières : une note amère ou acide que l’animal perçoit avant le formulateur. | Le taux d’incorporation et la forme des minéraux et des acides, puis un goût sucré ou un arôme qui couvre la note. |
| Coproduits | Un tourteau, une drêche ou un son moins chers que la matière qu’ils remplacent n’en ont ni l’odeur ni le goût. | Le taux d’incorporation, la fraîcheur du lot, une entrée progressive dans la formule. |
| Changement de matière première | Nouvelle origine, nouvelle récolte, autre graisse : l’aliment change d’odeur d’un lot à l’autre. Une graisse qui rancit, ou une céréale chargée en DON, une mycotoxine de champ, font aussi baisser l’ingéré, chez le porc d’abord. | L’analyse et la fraîcheur du lot, puis un profil aromatique qui reste le même. |
| Transition d’aliment | Nouvelle phase, nouvelle formule, nouvelle présentation : l’animal se méfie de ce qu’il ne connaît pas, et l’ingéré hésite. | Un changement étalé sur plusieurs jours, et la même note d’un aliment au suivant. |
| Sevrage | Le porcelet quitte le lait pour un aliment sec qu’il ne connaît pas, dans une case et un groupe nouveaux : l’ingéré chute d’un coup. | Un aliment appétent, connu avant le sevrage, frais et distribué souvent : voir le sevrage du porcelet. |
| Chaleur | Digérer produit de la chaleur : quand il fait chaud, l’animal mange moins pour en produire moins. | Le bâtiment et l’eau d’abord, les repas aux heures fraîches : voir le stress thermique. |
Les causes s’additionnent souvent : un aliment de sevrage chargé en minéraux, livré en pleine chaleur, cumule trois raisons d’être moins mangé. Sevrage, eau, chaleur et DON : d’après les avis de l’EFSA cités en bas de page.
Ce qu’une baisse d’appétence coûte
Une perte discrète : elle se lit à l’auge bien avant de se lire sur la balance.
L’ingéré
Moins d’aliment mangé, ce sont moins de nutriments. La formule la plus juste ne nourrit que ce qui est consommé.
La croissance
Le gain de poids suit l’ingéré, avec un temps de retard. Un creux au mauvais moment, au sevrage ou en fin de bande, décale toute la courbe.
L’homogénéité
Les animaux ne réagissent pas tous de la même façon : les plus petits et les plus méfiants décrochent les premiers, et le lot s’étire. Un lot hétérogène se conduit, se trie et se vend moins bien.
L’aliment perdu, et la confiance
Un aliment boudé reste dans l’auge, s’abîme et se jette. L’éleveur en accuse l’aliment, et l’usine doit en répondre.
Aucun chiffre ici : la perte dépend de l’espèce, du stade et de la durée du creux. Elle se lit sur vos courbes d’ingéré et de croissance, lot par lot.
Repérer la cause
Avant l’arôme : quatre questions
Un arôme couvre une note ; il ne dit pas d’où elle vient. Ces quatre questions se posent d’abord, à l’usine comme à l’élevage.
- Qu’est-ce qui a changé ?Un lot de matière première, une origine, une graisse, une formule, une phase, la saison. Une baisse qui suit un changement en désigne souvent la cause.
- L’aliment est-il frais et bien présenté ?Des restes qui chauffent dans l’auge, des fines au fond de la trémie, un granulé qui s’effrite, une odeur de rance ou de moisi : cela se voit et se sent à l’auge.
- Les animaux boivent-ils normalement ?Un animal qui boit moins mange moins. Débit, nombre et hauteur des abreuvoirs, température de l’eau : à vérifier avant l’aliment.
- Le lot va-t-il bien ?Si la baisse ne touche qu’une partie des animaux, ou si d’autres signes apparaissent, la question est sanitaire : le vétérinaire tranche.
Rendre l’aliment appétent : les leviers, dans l’ordre
La conduite passe avant tout additif. L’arôme et l’édulcorant viennent ensuite, quand la cause est réglée, ou quand la formule doit garder ce qui gêne.
Sans produit
La conduite, d’abord
À l’usine comme à l’élevage : ce qui se règle avant tout additif.
Un aliment bien présenté
Un granulé qui tient, peu de fines, une taille de particule adaptée à l’âge ; pour le jeune animal, une miette ou un petit granulé. Un aliment poussiéreux se trie, se gaspille et se mange moins.
Un aliment frais à l’auge
Des livraisons au rythme de la consommation, des silos et des trémies vidés et nettoyés, pas de restes qui chauffent. Au jeune animal, de petites quantités, souvent.
Des transitions progressives
Changer de phase ou de formule sur plusieurs jours, en mêlant l’ancien et le nouvel aliment. Faire entrer un coproduit ou une nouvelle matière première par paliers, sans tout changer à la fois.
De l’eau à volonté
Débit vérifié à chaque ligne, abreuvoirs en nombre suffisant et à la bonne hauteur, eau fraîche quand il fait chaud. L’ingéré d’aliment suit celui de l’eau.
Feed Solutions
Par l’aliment
Quand la formule doit garder ce qui gêne, ou que tout change autour de l’animal : l’odeur et le goût de l’aliment se travaillent.
La cause, réglée dans la formule
Minéraux et acides au taux juste, matières premières fraîches, graisses protégées de l’oxydation, par exemple par un antioxydant comme Linkatiox. Ce que l’animal ne sent pas n’a pas à être couvert : un réglage de formule, avant l’arôme.
Une odeur qui attire, et qui ne change pas
Un arôme agit sur l’odorat, donc sur la décision de s’approcher de l’aliment. Ses notes couvrent l’odeur des minéraux, des acides et des matières premières, et gardent à l’aliment le même profil sensoriel quand ce qui est derrière change : la matière première, la phase, la saison.
La même note d’un aliment au suivant
L’animal reconnaît ce qu’il connaît. Garder le même profil du premier âge au croissance vise à faire passer chaque transition inaperçue : l’argument d’une séquence plus que d’une référence isolée, que nous vérifions avec vous sur vos aliments.
Un goût sucré franc
Un édulcorant intense agit sur le goût, donc sur la décision de continuer à manger. Il donne un goût sucré franc, sans amertume, et couvre celle des minéraux et des acides. Le porc y est très sensible ; chez le porcelet, le sucré prolonge le goût du lait.
Arôme et édulcorant se complètent souvent : l’un fait venir l’animal à l’auge, l’autre l’y fait rester.

Porc, volaille, veau : l’appétence de l’aliment ne se joue pas de la même façon
Le porc choisit beaucoup au nez et au goût. Il a une forte préférence pour le sucré, que le porcelet tient du lait de sa mère, et il remarque vite qu’un aliment a changé d’odeur. C’est l’espèce où l’arôme et l’édulcorant servent le plus, du premier âge au croissance.
La volaille goûte peu le sucré. Chez elle, l’appétence passe d’abord par la présentation de l’aliment, sa texture et son odeur : un granulé qui s’effrite ou une miette irrégulière pèsent souvent plus qu’un goût. Un arôme y garde à l’aliment le même profil d’une formule à l’autre.
Le veau passe, lui aussi, du lait à l’aliment solide, et les notes lactées ou beurrées accompagnent ce passage. Chez la vache laitière, l’ingéré se joue d’abord sur la ration, sa fraîcheur à l’auge et l’accès à l’eau.
Les plateformes Linker concernées
Deux plateformes Feed Solutions, deux sens : l’odorat et le goût. Chacune a sa fiche : profils, grades, emploi, documents.
| Plateforme | Où elle agit | Quand |
|---|---|---|
| linkastyArômes · aliment | Au nez de l’animal, avant la première bouchée | À chaque changement de matière première, de formule ou de phase ; sur toute une séquence, du premier âge au croissance |
| linkasweetÉdulcorant · aliment | En bouche, à chaque bouchée | Aliments premier âge, porcelets et porcs, et formules chargées en minéraux ou en acides ; toujours par un prémélange |
La dose se lit sur la fiche de chaque plateforme quand elle est publiée ; sinon elle se demande, avec l’espèce, le stade, la présentation de l’aliment et ce qu’il faut couvrir. Les édulcorants admis dans l’aliment changent d’un pays à l’autre : nous vérifions votre marché avant toute offre. Tout le sujet, et le choix entre arôme et édulcorant, est réuni dans Arômes et édulcorants.
Sources
- Welfare of pigs on farm (site externe)EFSA, groupe scientifique Santé et bien-être des animaux (AHAW) · EFSA Journal 2022, 20(8), e07421 · consulté le
- Risks to human and animal health related to the presence of deoxynivalenol and its acetylated and modified forms in food and feed (site externe)EFSA, groupe scientifique Contaminants de la chaîne alimentaire (CONTAM) · EFSA Journal 2017, 15(9), e04718 · consulté le
- Guidance on the assessment of the efficacy of feed additives (site externe)EFSA, groupe scientifique Additifs et produits ou substances utilisés en alimentation animale (FEEDAP) · EFSA Journal 2018, 16(5), e05274 · consulté le
Cette page explique ; elle ne remplace pas l’avis de votre vétérinaire. Les trois avis de l’EFSA ont été consultés dans leur texte intégral, sur PubMed Central.
Questions fréquentes
Pourquoi l’ingéré baisse-t-il alors que la formule n’a pas changé ?
Parce que l’aliment peut changer sans que la formule change : un nouveau lot, une autre origine, une graisse qui vieillit, un granulé plus friable. Commencez par les quatre questions.
Un arôme peut-il rattraper une matière première de mauvaise qualité ?
Il en couvre la note, pas la valeur. Une graisse oxydée ou un lot moisi se règlent à la source ; l’arôme vient ensuite, pour garder à l’aliment son profil.
Arôme ou édulcorant : lequel choisir ?
L’arôme joue sur l’odeur, donc sur l’envie de s’approcher ; l’édulcorant sur le goût, donc sur l’envie de continuer. Chez le porcelet, les deux se combinent souvent : le choix se fait critère par critère.
Combien de temps doit durer une transition d’aliment ?
Plusieurs jours, en mêlant l’ancien et le nouvel aliment. La durée se règle sur l’âge, l’espèce et l’écart entre les deux aliments ; une même note aromatique de l’un à l’autre rend le changement moins visible.
Pourquoi les porcelets mangent-ils si peu juste après le sevrage ?
Tout change à la fois : le lait disparaît, la case et le groupe sont nouveaux, l’aliment sec est inconnu. Le sujet est développé dans le sevrage du porcelet.
Comment mesure-t-on l’appétence d’un aliment ?
Par un test de libre choix : deux aliments offerts en même temps, côte à côte, dont on pèse la consommation. Il dit lequel l’animal préfère ; l’effet sur l’ingéré se suit ensuite dans la durée, à l’élevage.
Une baisse d’appétit peut-elle signaler une maladie ?
Oui. Bien des troubles commencent par un animal qui mange moins. D’autres signes, ou une baisse limitée à quelques animaux, appellent le vétérinaire avant toute question d’appétence.
Les volailles sont-elles sensibles à l’appétence de l’aliment ?
Oui, mais autrement que le porc : elles goûtent peu le sucré, et la présentation de l’aliment compte d’abord. Voir par espèce.
Parlons de l’aliment qui ne passe pas
Vous formulez ou fabriquez l’aliment
Dites-nous l’espèce, le stade, la formule et ce qui a changé : nous cherchons avec vous ce que l’animal refuse, et ce qui le couvre.
Parler de votre formule →Envoyez-nous l’aliment qui ne passe pas →Vous construisez une séquence
Du premier âge au croissance : un profil, une dose par aliment, et la fiche technique de chaque grade.
Demander la fiche technique Linkasty →Ou directement : +33 2 30 91 59 15 · contact@linkernutrients.com
Pour aller plus loin
- Arômes et édulcorants →
Ce qu’un arôme masque, la mémoire gustative, et comment choisir entre arôme et édulcorant.
- Sevrage du porcelet →
Le moment où l’ingéré chute le plus, et les leviers par l’aliment et par l’eau.
- Stress thermique →
Quand la chaleur fait baisser l’ingéré : le bâtiment d’abord, puis l’aliment et l’eau.