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Prélèvement à la sonde dans une benne de maïs à la réception d’une usine d’aliment, un collègue tient le sachet d’échantillon

Mycotoxines en alimentation animale : aflatoxine, DON, et d’où elles viennent

Ce qu’est chaque toxine, d’où elle vient, comment on la mesure, et ce que l’usine d’aliment peut faire : analyser, conserver, capter.

En bref

Les mycotoxines de l’alimentation animale sont des substances toxiques produites par certaines moisissures, au champ ou pendant le stockage, sur le maïs, les céréales, les tourteaux et leurs coproduits. Invisibles, sans odeur et stables à la chaleur, elles passent de la matière première à l’aliment fini sans que rien ne le signale : seule l’analyse les révèle.

Moisissures
Fusarium au champ ; Aspergillus et Penicillium surtout au stockage
Les six à suivre
Aflatoxines, DON, zéaralénone, fumonisines, ochratoxine A, toxines T-2 et HT-2
Matières premières
Maïs, blé, orge, avoine, sorgho, tourteaux, coproduits de céréales
Unités
µg/kg (ppb) ou mg/kg (ppm) : un facteur mille entre les deux
Premier levier
L’analyse, sur un échantillon bien prélevé
Sacs de matières premières empilés sur des palettes, dans un entrepôt ouvert en climat chaud et humide

D’où elles viennent

Qu’est-ce qu’une mycotoxine, et d’où vient-elle : champ ou stockage ?

Une mycotoxine est une molécule qu’une moisissure produit sans en avoir besoin pour croître, souvent quand la sécheresse, la chaleur ou la concurrence d’autres micro-organismes la mettent sous pression. Plusieurs centaines ont été décrites ; une demi-douzaine pèse réellement sur l’alimentation animale.

Au champ, ce sont surtout les Fusarium. Ils infectent l’épi pendant la floraison et le remplissage du grain, quand le temps est humide, et laissent du déoxynivalénol (DON), de la zéaralénone, des fumonisines ou des toxines T-2 et HT-2. La toxine est dans le grain avant la moisson : aucun stockage, même parfait, ne l’en retirera.

Au stockage, ce sont surtout les Aspergillus et les Penicillium. Ils se développent dès que l’eau disponible, la chaleur et le temps sont réunis, et produisent les aflatoxines et l’ochratoxine A. En climat chaud, Aspergillus flavus contamine aussi le maïs sur pied, surtout après une sécheresse.

Deux conséquences pratiques. La moisissure peut avoir disparu alors que sa toxine est toujours là : un lot propre à l’œil peut être très chargé. Et les mycotoxines résistent aux procédés courants : ni le broyage ni la chaleur de la granulation ne les détruisent.

Un même lot porte souvent plusieurs toxines à la fois : une moisissure en produit plusieurs, et plusieurs moisissures se succèdent du champ au silo. Une analyse qui ne cherche que l’aflatoxine ne dit rien du reste.

Les six familles

Aflatoxines, DON, zéaralénone, fumonisines, ochratoxine A, T-2 : l’essentiel par toxine

Six familles, trois genres de moisissures, des matières premières et des espèces différentes. Le tableau se lit ligne par ligne, vos résultats d’analyse à côté.

MycotoxineMoisissuresMatières premières les plus touchéesChamp ou stockageEspèces les plus sensibles
Aflatoxines (B1, B2, G1, G2)Aspergillus flavus, A. parasiticusMaïs, tourteaux d’arachide, de coton et de coprah, sorgho, son de rizStockage chaud et humide ; au champ en climat chaud et secVolailles, surtout le canard ; jeunes animaux ; vache laitière, à cause du lait
DON (déoxynivalénol, vomitoxine)Fusarium graminearum, F. culmorumBlé, orge, maïs, triticale, avoine, et leurs coproduitsAu champ, floraison sous la pluieLe porc d’abord : l’aliment est moins mangé
Zéaralénone (ZEN, ZEA)Les mêmes Fusarium que pour le DONMaïs surtout, blé, orge, ensilage de maïsAu champ ; maïs récolté tard ou stocké humideCochettes et truies : son action est œstrogénique
Fumonisines (B1, B2, B3)Fusarium verticillioides, F. proliferatumMaïs et coproduits du maïs, presque exclusivementAu champ, par temps chaudPorc et cheval
Ochratoxine A (OTA)Aspergillus et PenicilliumCéréales stockées : orge, blé, avoine, maïsStockagePorc et volailles ; le rumen la dégrade en grande partie
Toxines T-2 et HT-2Fusarium sporotrichioides, F. langsethiaeAvoine, orge, autres céréales à pailleAu champ, temps frais et humidePorc et volailles

D’après les avis scientifiques de l’EFSA, toxine par toxine, cités en bas de page. Les effets dépendent de la dose, de la durée et de l’espèce : dans un élevage, leur diagnostic revient au vétérinaire.

Aflatoxines (B1, B2, G1, G2, M1) : quelles matières premières, quelle règle ?

Quatre aflatoxines se forment dans les grains : B1, B2, G1 et G2, nommées d’après leur fluorescence bleue ou verte sous une lampe ultraviolette. La B1 est la plus fréquente et la plus toxique, celle que visent les analyses et les réglementations. Dans le foie, elle est transformée en un composé très réactif, un époxyde, qui se lie à l’ADN et aux protéines.

L’aflatoxine M1 ne se forme pas dans le grain : c’est la forme sous laquelle la vache élimine dans son lait une partie de la B1 qu’elle a ingérée. D’où des exigences plus strictes pour l’aliment des animaux laitiers.

Les aflatoxines sont un risque de climat chaud : maïs, tourteaux d’arachide et de coton, coprah, sorgho, son de riz, et tout ce qui a été stocké chaud et humide. En zone tempérée, elles arrivent surtout par les matières premières importées, et par le maïs les années de canicule.

En Europe, l’aflatoxine B1 est la mycotoxine la plus strictement encadrée dans l’aliment : elle a une teneur maximale, là où les autres ont des valeurs recommandées. Les textes, les valeurs et leur date de vérification sont réunis dans les valeurs réglementaires des mycotoxines. Ailleurs, chaque pays a ses seuils : un résultat se lit toujours contre ceux du pays de destination.

DON (vomitoxine) : dans quelles céréales, et pourquoi l’aliment porc est-il visé ?

Le déoxynivalénol, ou DON, est la mycotoxine la plus fréquente des céréales en climat tempéré. Les Fusarium qui le produisent infectent l’épi du blé, de l’orge ou du maïs quand la floraison se fait sous la pluie : c’est une toxine de champ, déjà là à la moisson. Elle se concentre dans les enveloppes du grain, donc dans les sons, les drêches et les autres coproduits.

Son surnom de vomitoxine vient du porc, l’espèce d’élevage la plus sensible : l’aliment contaminé est moins mangé, puis refusé. Les volailles et les ruminants le supportent mieux. C’est pourquoi l’aliment porc a l’une des valeurs recommandées les plus basses, et pourquoi une usine qui produit de l’aliment porc suit le DON lot par lot, en commençant par le blé, le maïs et leurs coproduits.

Le DON est aussi la toxine sur laquelle les argiles ont le moins de prise. Quand il domine vos analyses, la réponse commence par le choix, le nettoyage et la répartition des matières premières : voir les leviers.

Sacs de céréales stockés dans un entrepôt chaud et humide
Chaleur et humidité au stockage : le terrain des moisissures, et donc de certaines mycotoxines.

Par espèce

Volailles, porcs, vaches laitières, poissons : quelles mycotoxines suivre dans quel aliment ?

AlimentÀ suivre d’abordPourquoi
Volailles : poulet, pondeuse, canardAflatoxines, ochratoxine A, toxines T-2 et HT-2La volaille supporte mieux le DON que le porc. L’aflatoxine vise le foie ; la toxine T-2, les muqueuses de la bouche et du tube digestif.
Porcs : porcelet, truie, porc charcutierDON, zéaralénone, fumonisines, ochratoxine AL’espèce la plus sensible aux toxines de Fusarium : l’ingéré pour le DON, la reproduction pour la zéaralénone.
Vaches laitières et autres ruminantsAflatoxine B1 ; DON et zéaralénone des ensilages de maïsLe rumen dégrade une partie de certaines toxines, pas l’aflatoxine, dont une part passe dans le lait sous forme M1.
Poissons et crevettesAflatoxines, fumonisinesDes aliments riches en protéines végétales, stockés au chaud et à l’humidité.

Repères généraux, à croiser avec vos matières premières, leurs origines et vos résultats d’analyse.

Ce que les mycotoxines coûtent

Quatre postes que l’on compte rarement ensemble, parce qu’ils ne tombent ni au même moment ni dans le même service.

  • La performance qui glisse

    Un ingéré qui baisse, un indice de consommation qui se dégrade de quelques points, une reproduction moins régulière : des pertes diffuses, à l’élevage, que l’on attribue d’abord à la saison, à la ventilation ou à la génétique.

  • Le lot déclassé ou refusé

    Une matière première au-dessus du seuil se renégocie, se réoriente ou s’écarte. Pendant ce temps une cellule est immobilisée et la formule se réécrit.

  • Le contrôle

    Plan d’échantillonnage, tests rapides à la réception, analyses de confirmation : le suivi a un coût, très inférieur à celui d’un lot passé sans être vu.

  • Le risque commercial

    Un aliment livré au-dessus d’une teneur maximale, c’est un retrait, parfois un rappel, et une relation client à reconstruire. De plus en plus d’acheteurs demandent les résultats d’analyse avant de signer.

Aucun chiffre ici : le coût dépend de la récolte, de l’espèce et de vos seuils. Il se mesure sur vos lots et sur vos résultats d’élevage.

Analyser

Comment les mesure-t-on dans l’aliment ?

Un résultat d’analyse ne vaut que l’échantillon dont il vient : l’erreur se fait bien plus souvent au prélèvement qu’au laboratoire.

  1. Prélever.Les mycotoxines se répartissent par foyers : quelques grains très chargés dans une masse saine. Une seule prise en surface ne dit rien. On multiplie les prises sur le lot en mouvement, au déchargement ou à la chute d’un transporteur, on les réunit, on broie, puis on divise. C’est tout le métier d’échantillonner un lot.
  2. Trier à la réception.Les bandelettes et les tests ELISA répondent en quelques minutes sur une toxine : assez pour accepter, isoler ou refuser un camion.
  3. Confirmer au laboratoire.La chromatographie, HPLC ou LC-MS/MS, donne la teneur exacte et, en une analyse, le profil complet du lot.
  4. Lire le résultat.Vérifier l’unité, la toxine dosée (B1 seule, ou somme des aflatoxines) et l’humidité à laquelle le résultat est exprimé, puis comparer au bon seuil : valeurs réglementaires du pays de destination, cahier des charges du client, seuil interne.

Ce qui fausse le plus souvent la lecture

Les unités
1 mg/kg (ppm) vaut 1 000 µg/kg (ppb). Une aflatoxine se lit en ppb, un DON souvent en ppm : l’erreur d’un facteur mille est le piège classique.
La lampe UV
Un maïs qui fluoresce sous lumière noire signale le passage d’Aspergillus, pas une teneur en aflatoxine : c’est un tri, pas une mesure.
Ce qu’on n’a pas cherché
Une analyse ne trouve que les toxines demandées. Un lot bon en aflatoxine peut être chargé en DON ou en fumonisines.
La date
Un résultat à la réception ne vaut plus pour un lot resté des semaines dans une cellule chaude et humide.
Technicienne de laboratoire préparant un échantillon d’aliment pour l’analyse
Mesurer avant de doser : le bulletin d’analyse guide le choix du grade et de la dose.

Gérer le risque mycotoxines : les leviers, dans l’ordre

Analyser d’abord, conserver ensuite, capter enfin. Aucun des trois ne remplace les deux autres.

Sans produit

La conduite, d’abord

À l’usine comme à l’élevage : ce qui se règle avant tout additif.

  • Acheter et réceptionner sur analyse

    Un plan de contrôle par matière première, par origine et par récolte ; un test rapide à la réception pour les lots à risque ; une règle écrite pour accepter, isoler ou refuser.

  • Nettoyer et sécher

    Les poussières, les grains cassés et les enveloppes concentrent les toxines : le nettoyage du grain en retire une part. Un séchage rapide après la récolte arrête les moisissures avant qu’elles ne s’installent.

  • Stocker au sec, au frais, peu de temps

    Des cellules propres et ventilées, sans condensation ; premier entré, premier sorti. À l’élevage, un silo vidé et nettoyé entre deux livraisons, des trémies sans croûtes.

  • Répartir les lots

    Sous les seuils, les lots les plus chargés vont aux espèces et aux stades les moins sensibles, jamais aux jeunes ni aux reproducteurs. Au-dessus, un lot ne se dilue pas : il s’écarte.

Feed Solutions

Par l’aliment

Deux additifs, deux rôles : l’un agit sur les moisissures de l’aliment, l’autre sur les toxines déjà formées.

  • Prévenir les moisissures au stockage

    Un inhibiteur de moisissures freine les moisissures et les levures dans la matière première et dans l’aliment, pendant qu’ils attendent. Sa dose se règle sur l’humidité, l’activité de l’eau et la durée à couvrir. Il ne retire pas une toxine déjà formée.

  • Capter dans l’aliment ce qui est déjà là

    Un capteur de mycotoxines est une argile incorporée au mélangeur : sa surface fixe une partie des toxines au cours de la digestion, et ce qui est fixé quitte l’animal avec elle. Chaque toxine est un cas : l’aflatoxine B1 se fixe très bien, les toxines de Fusarium moins bien, le DON très peu.

  • Régler le grade et la dose sur l’analyse

    Le profil de contamination, l’espèce, le stade et la durée d’exposition décident du grade et de la dose : ni dose de précaution au hasard, ni économie qui rend l’additif inutile.

Pour situer le risque de vos matières premières : Mycoscope, outil d’évaluation disponible pour nos clients, sur demande.

Preuves

Ce que disent les essais et les publications

Les résultats mesurés se lisent sur la fiche de chaque plateforme, quand ils sont publiés, avec leurs conditions : Linkamold et Linkafix. Les références des publications citées figurent dans les sources ; le détail se remet sur demande.

Les plateformes Linker concernées

Deux plateformes Feed Solutions, deux rôles qui ne se remplacent pas. Chacune a sa fiche : grades, emploi, documents.

PlateformeQuand
linkamoldInhibiteur de moisissures · alimentTest de laboratoireSur aliment inoculé conservé 90 jours à 25 °C, les moisissures inoculées ont été ramenées à un niveau non détectable, quand le témoin dépassait 10⁸ UFC/g.
ConditionsTest de laboratoire sur aliment en farine, bocaux fermés ; deux doses, 1,5 et 3 kg/t ; comptages à 60 et 90 jours.
Le détail sur sa fiche
À la réception d’une matière première humide, ou au mélangeur
linkafixCapteur de mycotoxines · alimentTest de laboratoireAvec les six mycotoxines dans la même solution, Linkafix Advance AC retient 51,9 % du DON, contre 7,3 % pour Linkafix Advance seul dans la même série.
ConditionsTest in vitro : adsorption à pH 3, puis désorption à pH 6,5 ; aflatoxine B1 à 4 000 ppb, zéaralénone, T-2, fumonisine et ochratoxine A à 500 ppb, DON à 1 000 ppb, toutes ensemble.
Le détail sur sa fiche
Au mélangeur, dans l’aliment composé ou par le prémélange, avec un grade choisi sur l’analyse

La dose se lit sur la fiche de chaque plateforme quand elle est publiée ; sinon elle se demande, avec vos résultats d’analyse, l’espèce et le stade. La différence entre les deux outils est détaillée dans inhibiteur de moisissures ou capteur de mycotoxines.

Sources

  1. Mycotoxins (site externe)Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) · page thématique · consulté le
  2. Les mycotoxines (site externe)Anses · page mise à jour le 24/01/2013 · consulté le
  3. Mycotoxins (site externe)Organisation mondiale de la santé · aide-mémoire du 2 octobre 2023 · consulté le
  4. Opinion of the Scientific Panel on contaminants in the food chain related to Aflatoxin B1 as undesirable substance in animal feed (site externe)EFSA · EFSA Journal 2004, 2(3), 39 · consulté le
  5. Risks to human and animal health related to the presence of deoxynivalenol and its acetylated and modified forms in food and feed (site externe)EFSA · EFSA Journal 2017, 15(9), e04718 · consulté le
  6. Risks for animal health related to the presence of zearalenone and its modified forms in feed (site externe)EFSA · EFSA Journal 2017, 15(7), e04851 · consulté le
  7. Risks for animal health related to the presence of fumonisins, their modified forms and hidden forms in feed (site externe)EFSA · EFSA Journal 2018, 16(5), e05242 · consulté le
  8. Risks for animal health related to the presence of ochratoxin A (OTA) in feed (site externe)EFSA · EFSA Journal 2023, 21(11), e08375 · consulté le
  9. Scientific Opinion on the risks for animal and public health related to the presence of T-2 and HT-2 toxin in food and feed (site externe)EFSA · EFSA Journal 2011, 9(12), 2481 · consulté le
  10. Undesirable substances in animal feed (site externe)Commission européenne · page d’information : teneurs maximales et recommandations sur les mycotoxines · consulté le
  11. Water availability and calcium propionate affect fungal population and aflatoxins production in broiler finisher feed during storage (site externe)Food Additives & Contaminants: Part A · Alam et al., 2014, 31(11), 1896-1903 · consulté le
  12. The efficacy of mycotoxin binders to control mycotoxins in feeds and the potential risk of interactions with nutrient: a review (site externe)Journal of Animal Science · Kihal et al., 2022, 100(11), skac328 · consulté le

Cette page explique ; elle ne remplace ni l’avis de votre vétérinaire ni la lecture des textes réglementaires du pays de destination.

Questions fréquentes

Quelle différence entre une mycotoxine et une aflatoxine ?

Les aflatoxines sont une famille de mycotoxines parmi d’autres : celles que produisent Aspergillus flavus et Aspergillus parasiticus. Toute aflatoxine est une mycotoxine ; l’inverse n’est pas vrai. Le DON, la zéaralénone, les fumonisines, l’ochratoxine A et les toxines T-2 et HT-2 sont d’autres mycotoxines, produites par d’autres moisissures.

Peut-on voir ou sentir une contamination par les mycotoxines ?

Non. Les mycotoxines n’ont ni couleur ni odeur, et la moisissure qui les a produites peut avoir disparu. Un lot propre peut être chargé, un lot moisi peut ne contenir aucune des toxines dosées. Seule l’analyse répond, sur un échantillon bien prélevé.

La granulation détruit-elle les mycotoxines ?

Non : elles sont stables à la chaleur, et ni la vapeur ni la presse ne les détruisent. Voir champ ou stockage.

Qu’est-ce que l’aflatoxine M1 ?

La forme sous laquelle une vache élimine dans son lait une partie de l’aflatoxine B1 qu’elle a ingérée : voir les aflatoxines.

Quels signes font penser aux mycotoxines dans un élevage ?

Des signes peu spécifiques : un aliment moins mangé ou refusé, une croissance qui ralentit sans cause visible, des vulves gonflées chez de jeunes cochettes, des lésions de la bouche chez la volaille, une reproduction moins régulière. Aucun ne suffit à conclure. Le diagnostic revient au vétérinaire, et se confirme par l’analyse de l’aliment et des matières premières distribués à ce moment-là.

Que faire d’un lot qui dépasse le seuil ?

L’isoler, faire confirmer le résultat par un laboratoire, prévenir le vendeur. Selon la toxine, le niveau et la réglementation du pays, il se réoriente vers une espèce moins sensible ou il s’écarte. Un lot au-dessus d’une teneur maximale ne se mélange pas à un lot sain pour passer sous le seuil.

Un inhibiteur de moisissures agit-il sur les mycotoxines ?

Non. Il freine les moisissures dans l’aliment pendant le stockage ; il ne retire pas une toxine déjà formée au champ ou avant la réception. C’est le rôle d’un capteur de mycotoxines, comme Linkafix.

Un capteur de mycotoxines fixe-t-il toutes les toxines ?

Non. Les argiles fixent très bien l’aflatoxine B1, moins bien les toxines de Fusarium, et très peu le DON. Aucun capteur ne fixe tout : le grade se choisit sur le profil de contamination du lot, et il ne dispense ni de l’analyse ni du tri des matières premières.

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