
Aliment moisi au stockage : d’où vient le risque, et comment conserver l’aliment
Pourquoi un aliment moisit, où il reprend l’eau, ce qu’il coûte, puis les leviers de l’usine : la conduite d’abord, l’aliment ensuite.
En bref
Un aliment moisi est un aliment composé ou une matière première sur lequel des moisissures et des levures se sont développées pendant le stockage : en cellule, en silo, en camion, en sac ou dans la trémie. Il leur faut de l’eau disponible, de la chaleur et du temps. L’aliment y perd de sa valeur nutritive et de son appétence, et certaines moisissures de stockage peuvent y produire des mycotoxines. Le risque se conduit d’abord par le stockage, puis par un inhibiteur de moisissures.
- Ce qui le déclenche
- L’eau disponible (activité de l’eau), la chaleur, la durée
- Où
- Cellules de matières premières, silos d’aliment, camions, sacs, trémies
- Ce qu’il coûte
- Valeur nutritive, appétence, mycotoxines formées au stockage
- Repère
- Les moisissures de stockage se développent dès une activité de l’eau de 0,70 (FAO)
- Premier levier
- Un aliment sec, frais, qui attend peu

Le problème
Pourquoi un aliment moisit au stockage : activité de l’eau, chaleur et durée
Une moisissure n’a pas besoin d’un aliment mouillé : il lui faut de l’eau disponible. C’est ce que mesure l’activité de l’eau (aw), de 0 à 1. L’humidité dit combien d’eau contient un grain ; l’activité de l’eau dit quelle part de cette eau les micro-organismes peuvent utiliser. Repère de la FAO : les moisissures de stockage se développent dès une activité de l’eau de 0,70, celles des champs en demandent davantage.
La chaleur déplace ce seuil. À humidité égale, un grain plus chaud offre plus d’eau aux moisissures : un lot qui se garde des mois au frais s’abîme bien plus vite au chaud, et un climat chaud et humide raccourcit toutes les durées de stockage.
Le temps fait le reste. Une moisissure qui démarre consomme l’aliment et produit de la chaleur et de l’eau ; la zone voisine se réchauffe, s’humidifie, et le développement s’étend. Plus l’aliment attend, plus cette chaîne a le temps de s’installer.
L’eau arrive par trois portes. Avec la matière première : un lot récolté ou séché trop humide, un lot hétérogène, des grains cassés qui offrent une prise aux moisissures. Avec la fabrication : le granulé se forme avec l’eau de la vapeur, que le refroidissement doit retirer. Avec le stockage lui-même, enfin, quand l’eau du tas migre vers les zones froides et s’y dépose : c’est la condensation.
Un aliment sec ne se reconnaît pas à l’œil : seules la mesure de l’humidité et celle de l’activité de l’eau le disent.
Où l’eau revient
Condensation dans les silos et les camions : où l’aliment reprend l’eau
De la réception à l’élevage, six endroits où l’eau revient. Le tableau se lit étape par étape, votre ligne en tête.
| Étape | Ce qui se passe | Ce qu’on vérifie |
|---|---|---|
| Réception des matières premières | Un lot trop humide, ou hétérogène : quelques camions humides suffisent à mouiller une cellule. Grains cassés et poussières offrent une prise aux moisissures. | L’humidité de chaque camion, l’activité de l’eau des lots à risque ; une règle écrite pour sécher, isoler, employer en premier ou refuser |
| Cellules de stockage | La paroi métallique conduit la chaleur : des écarts de température s’installent dans le tas, l’eau migre et peut se condenser à la surface du grain. Une zone qui moisit chauffe, s’humidifie et gagne sa voisine. | La température du grain en plusieurs points ; la ventilation pour le refroidir ; un toit et des trappes étanches |
| Presse et refroidisseur | Le granulé sort de la presse chaud et chargé de l’eau de la vapeur. Si le refroidissement est trop lent, cette eau part au silo avec lui. | La température et l’humidité du granulé à la sortie du refroidisseur |
| Silos d’aliment fini | Les écarts entre le jour et la nuit font condenser l’eau sur les parois et sous le toit. Un fond de silo jamais vidé moisit, puis passe dans le lot suivant. | Une vidange complète et un nettoyage réguliers ; premier entré, premier sorti |
| Camions | Une benne humide ou mal nettoyée, une bâche mouillée, les restes du chargement précédent : un aliment sec peut y reprendre l’eau. | Une benne sèche et balayée avant chaque chargement ; un chargement couvert |
| Silos et trémies de l’élevage | Un silo qui n’est jamais vidé jusqu’au fond, des croûtes dans les trémies, des sacs posés à même le sol. | Un silo vidé et nettoyé entre deux livraisons ; des sacs sur palettes ; des livraisons calées sur la consommation |
D’après le code d’usages du Codex Alimentarius sur la bonne alimentation animale et les manuels de la FAO cités dans les sources.
Ce qu’un aliment moisi coûte
Quatre pertes, qui ne se voient ni au même moment ni au même endroit.
La valeur nutritive
La moisissure se nourrit des protéines, des glucides et des matières grasses de l’aliment. Ce qu’elle consomme manque à l’animal, et l’aliment moisi se digère moins bien : son énergie baisse, à commencer par celle des matières grasses.
L’appétence
Odeur de moisi, mottes, aliment qui chauffe : l’animal en mange moins. L’ingéré baisse, et avec lui la croissance ou la production de lait, au moment où l’aliment devait les porter.
Les mycotoxines formées au stockage
Certaines moisissures de stockage produisent des mycotoxines, aflatoxines et ochratoxine A en tête, dans un lot qui n’en contenait pas à la réception. Elles peuvent être là sans moisissure visible : voir aliment moisi et mycotoxines.
Le lot et la ligne
Un lot moisi s’isole, s’analyse et souvent s’écarte. Les mottes bouchent les silos et les vis, la ligne s’arrête pour nettoyer, et la réclamation de l’éleveur arrive après la livraison.
Aucun chiffre ici : la perte dépend de l’aliment, du climat et de la durée de stockage. Elle se mesure sur vos lots.
Conserver l’aliment : la conduite d’abord, puis l’aliment
Un inhibiteur de moisissures prolonge un stockage bien conduit. Il ne rattrape ni un lot trop humide ni un silo jamais nettoyé.
Sans produit
La conduite, d’abord
À l’usine, du camion de matières premières au silo de l’élevage : ce qui se règle avant tout additif.
Mesurer l’humidité à la réception
L’humidité camion par camion, l’activité de l’eau sur les lots à risque. Une règle écrite dit ce que devient un lot humide : il se sèche, se stocke à part, s’emploie en premier ou se refuse.
Refroidir avant de stocker
Le granulé doit quitter le refroidisseur assez froid et assez sec pour que son eau ne finisse pas dans le silo. En cellule, la ventilation refroidit le grain et ralentit les moisissures ; sa température se suit en plusieurs points.
Garder silos et camions secs et propres
Toits, trappes et joints étanches ; cellules et silos vidés complètement puis nettoyés à intervalles réguliers ; bennes sèches et balayées, chargements couverts. À l’élevage, le silo se vide jusqu’au fond entre deux livraisons et les sacs ne touchent pas le sol.
Faire tourner les stocks
Premier entré, premier sorti, pour les matières premières comme pour l’aliment fini. Un aliment se livre et se consomme vite : la durée de stockage se décide avec l’éleveur, sur sa consommation et son climat.
Feed Solutions
Par l’aliment
Quand le stockage doit durer, ou que le climat ne laisse pas de marge : un inhibiteur de moisissures, dosé sur l’aliment.
Freiner moisissures et levures pendant que l’aliment attend
Un inhibiteur de moisissures associe des acides organiques et leurs sels. Sous leur forme active, ils entrent dans la cellule de la moisissure et bloquent son métabolisme. La dose se règle sur l’aliment, pas sur l’animal : humidité, activité de l’eau, pH et durée à couvrir.
En poudre, à la réception ou au mélangeur
Linkamold se met sur la matière première humide à la réception, avant un stockage long, ou dans l’aliment composé au mélangeur. Les acides libres agissent tout de suite ; les sels, sans odeur ni corrosion, tiennent la durée. Le grade se choisit sur la ligne, le climat et la durée à couvrir.
En liquide, pour l’eau ajoutée au mélangeur
Ajouter de l’eau au mélangeur n’a d’intérêt que si cette eau reste protégée des moisissures jusqu’à l’auge. Linkamold Ultra L se dilue dans l’eau ajoutée et se pulvérise au mélangeur ; la rampe se règle sur le débit de la ligne, c’est le métier de Linker Flow.

Aliment moisi et mycotoxines : ce qui se forme au stockage, ce qui vient du champ
Un aliment moisi n’est pas toujours chargé de mycotoxines, et un aliment chargé n’est pas toujours moisi. Deux origines se distinguent. Les toxines des champs sont dans le grain avant la récolte : aucun stockage, même parfait, ne les en retire. Les moisissures de stockage peuvent en former d’autres, dans le silo, quand l’eau, la chaleur et le temps sont réunis.
La conduite du stockage et un inhibiteur de moisissures agissent sur les moisissures de l’aliment ; ni l’un ni l’autre ne retire une toxine déjà formée. Pour les toxines venues du champ, leur analyse et leur gestion, voir champ ou stockage sur la page Mycotoxines ; pour le choix entre les deux outils, inhibiteur de moisissures ou capteur de mycotoxines.
La plateforme Linker concernée
Une plateforme Feed Solutions, en poudre ou en liquide. Sa fiche donne les grades, l’emploi et les documents.
| Plateforme | Où elle agit | Quand |
|---|---|---|
linkamoldInhibiteur de moisissures · alimentTest de laboratoireSur aliment inoculé conservé 90 jours à 25 °C, les moisissures inoculées ont été ramenées à un niveau non détectable, quand le témoin dépassait 10⁸ UFC/g.ConditionsTest de laboratoire sur aliment en farine, bocaux fermés ; deux doses, 1,5 et 3 kg/t ; comptages à 60 et 90 jours. | Sur la matière première à la réception, ou dans l’aliment au mélangeur | Avant un stockage long, en climat chaud et humide, ou quand de l’eau est ajoutée au mélangeur |
La dose se lit sur la fiche quand elle est publiée ; sinon elle se demande, avec l’humidité, l’activité de l’eau, le pH de l’aliment et la durée à couvrir. Les autres risques de l’aliment sont réunis dans sécurité et conservation de l’aliment.
Sources
- Code of Practice on Good Animal Feeding (CXC 54-2004), in the Codex list of codes of practice (site externe)Codex Alimentarius (FAO et OMS) · CAC/RCP 54-2004, adopté en 2004, amendé en 2008, § 37, 38 et 42 · consulté le
- Good Practices for the Feed Industry, section 3 : production, processing, storage, transport and distribution of feed and feed ingredients (site externe)FAO et IFIF · FAO Animal Production and Health Manual n° 9, 2010 · consulté le
- On-farm mycotoxin control in food and feed grain (site externe)FAO · P. Golob, Good practices for animal feed and livestock, manuel de formation n° 1, 2007 · consulté le
- Grain storage techniques : biodeterioration (site externe)FAO · D.L. Proctor (dir.), FAO Agricultural Services Bulletin n° 109, 1994, chapitre 2 · consulté le
- Grain storage techniques : factors influencing the choice of bulk store (site externe)FAO · FAO Agricultural Services Bulletin n° 109, 1994, chapitre 7 · consulté le
- Grain storage techniques : aeration (site externe)FAO · FAO Agricultural Services Bulletin n° 109, 1994, chapitre 7 · consulté le
- Storage problems of feedstuffs (site externe)FAO et PNUD · K.W. Chow, dans Fish Feed Technology, ADCP/REP/80/11, 1980, chapitre 13 · consulté le
- Harvest and storage management of wheat (site externe)FAO · T.S. Payne, dans Bread Wheat : Improvement and Production, FAO Plant Production and Protection Series n° 30, 2002 · consulté le
Repères tirés des textes du Codex Alimentarius et de la FAO. Les durées et les seuils se règlent sur votre aliment, votre climat et votre installation.
Questions fréquentes
Peut-on distribuer un aliment moisi ?
Non, pas un aliment visiblement moisi : on l’isole, on cherche d’où vient l’eau, et on le fait analyser, mycotoxines comprises. Voir ce qu’il coûte.
Quelle différence entre humidité et activité de l’eau ?
L’humidité dit combien d’eau contient l’aliment ; l’activité de l’eau, quelle part de cette eau les moisissures peuvent utiliser. Voir pourquoi un aliment moisit.
À partir de quelle activité de l’eau un aliment risque-t-il de moisir ?
Pour la FAO, les moisissures de stockage se développent dès une activité de l’eau de 0,70. À humidité égale, le risque monte avec la température.
Pourquoi l’aliment moisit-il contre la paroi d’un silo ?
Parce que la paroi suit les écarts de température du dehors : l’eau du tas migre et se condense là où il fait plus froid. Voir silos et camions.
Combien de temps peut-on stocker un aliment ?
Il n’y a pas de durée unique : elle dépend de l’humidité, de la température et du climat. Le manuel de la FAO conseille aux éleveurs de n’acheter que dix jours d’aliment au plus, et moins encore en climat très chaud et humide.
Poudre ou liquide : quel inhibiteur de moisissures choisir ?
La poudre se met sur la matière première ou au mélangeur ; le liquide, Linkamold Ultra L, protège l’eau ajoutée au mélangeur. Voir les leviers par l’aliment.
Un inhibiteur de moisissures retire-t-il les mycotoxines ?
Non. Il freine les moisissures dans l’aliment ; il ne retire pas une toxine déjà formée. Voir aliment moisi et mycotoxines.
Faites le point sur votre stockage
Vous stockez des matières premières ou de l’aliment
Humidité, activité de l’eau, durée de stockage, climat, endroits de la ligne où l’eau revient : nous les regardons avec vous, puis nous parlons grade et dose.
Faire le point sur votre stockage →Demander la fiche technique Linkamold →Vous ajoutez de l’eau au mélangeur
Débit de la ligne, eau ajoutée, refroidissement, humidité au sac : parlons de Linkamold Ultra L et de sa pulvérisation.
Parler de l’eau ajoutée au mélangeur →Voir la fiche Linkamold →Ou directement : +33 2 30 91 59 15 · contact@linkernutrients.com